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J’ai voulu écrire Scènes de chasse comme un roman choral, une petite épopée humaine à contre-courant, située dans l’ouest de la Sicile entre la fin des années soixante et le début des années quatre-vingt. Les destins d’hommes et de femmes qui semblent n’avoir aucun lien entre eux s’entrecroisent sur fond d’un pays traversé par la mafia, le terrorisme, les services secrets et par une violence qui paraît s’insinuer dans la vie quotidienne.

Pour relier ces destins, j’ai choisi un objet froid, petit et puissant : un Walther PPK qui passe de main en main et qui, sans être le protagoniste du roman, dessine, par sa présence constante, le fil invisible reliant les histoires et accompagnant le lecteur à travers vingt années de l’histoire italienne.

Contrairement à ce qui se produit généralement dans les romans policiers et les romans noirs, l’Histoire n’est pas racontée à travers des « héros protagonistes », célèbres ou moins célèbres, mais à travers ceux qui la subissent, la frôlent ou y prennent part sans jamais en comprendre tout à fait le sens. Magistrats, journalistes, mafieux, policiers, militaires, travestis, religieuses, enfants, hommes et femmes ordinaires : chacun occupe un instant le centre de la scène, avant de céder la place au personnage suivant, sans laisser de trace particulière, comme s’il voulait à tout prix disparaître sans rien laisser derrière lui.

Plus qu’un roman noir traditionnel, Scènes de chasse est une mosaïque de vies dans laquelle chaque épisode ajoute un fragment à une seule et vaste histoire : celle d’une Sicile et d’une Italie où le hasard, le pouvoir et la violence finissent par façonner le destin des individus.

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